À propos
Les Arrivants est un groupe composé d'Amichai Ben Shalev (bandonéon), d'Abdul-Wahab Kayyali (oud) et d'Hamin Honari (percussions), trois musiciens qui se sont installés à Montréal durant la pandémie de COVID-19, entre les étés 2019 et 2020. C'est à travers le prisme de cette période historique unique qu'ils se sont rencontrés et ont découvert leur nouvelle ville, alors que les confinements et l'incertitude imprégnaient leur quotidien.
Le répertoire des Arrivants reflète leur expérience d'installation. Il s'inspire des traditions que les instrumentistes ont maîtrisées tout au long de leur carrière : le tango argentin, la musique classique arabe et les rythmes persans traditionnels. Il reflète également les possibilités musicales propres à un centre cosmopolite comme Montréal. Les Arrivants ont créé une expérience sonore introspective qui dépeint les relations et les points de vue des nouveaux arrivants à Montréal, tout en canalisant les émotions complexes liées à la migration et au voyage.
À ce jour, Les Arrivants ont publié deux albums : « Home » (2022) et « Towards the Light » (2024). Leur premier album, « Home », a reçu le Prix Opus 2023 – Album de l’année dans la catégorie Musiques du monde, décerné par le Conseil Québecois de la Musique (CQM). Parmi les moments forts de leur carrière, on compte deux tournées à Montréal, parrainées par le Conseil des arts de Montréal (CAM), un concert-conférence au Weitz Center for the Arts du Carleton College, au Minnesota, une participation au Old Songs Festival d’Albany, dans l’État de New York, un projet symphonique avec le Glacier Symphony Orchestra à Kalispell, au Montana, et une tournée en Colombie dans le cadre de la saison nationale de concerts de la Banco de la Republica.
Les Arrivants ont bénéficié d’un important soutien du Conseil des arts du Canada pour la production et les tournées.

ARTISTES
Les Arrivants
Bandonéon
Amichai Ben Shalev (1979) est bandonéoniste, compositeur et arrangeur. Il a étudié le bandonéon avec Rodolfo Daluisio au Conservatoire supérieur de musique de Buenos Aires, où il a également enseigné. Il est titulaire d'une maîtrise en composition de l'Université de Montréal, où il poursuit actuellement un doctorat. En tant que compositeur, il a écrit des œuvres pour divers ensembles, notamment Bandolirium (2017), un album de metal progressif instrumental intégrant le bandonéon ; Détour (2022), pour orchestre symphonique et ensemble de jazz, créé à la Maison symphonique de Montréal ; The Water Cycle (2023), pour bandonéon et quatuor à cordes ; Mirar–Abrazar–Caminar (2024), pour Ensemble Atipika ; et A Groyse Metzieh (2025), pour orchestre symphonique, créé à la Salle Claude-Champagne de Montréal. En 2026, il était compositeur en résidence pour El Sistema- OSM.

Oud
Abdul-Wahab Kayyali a fait ses études de oud en 1989 au Conservatoire national de musique d’Amman, en Jordanie sous la tutelle de Sakher Hattar. Pendant son séjour à Amman, il a également reçu l'enseignement et les conseils du virtuose irakien de l'oud Munir Bashir. Il a performé à travers le Moyen-Orient, l’Europe, l’Amérique du Nord et du Sud. En 2020, il a sorti son premier album solo « Juthoor ». En plus de jouer avec Les Arrivants, il a récemment collaboré pour jouer et enregistrer avec Naseem Alatrash (le violoncelle), Tariq Harb (le guitare classique), Saeed Farajpouri (kamancheh), Salah Eddin Maraqa (kanoun), Merrie Klazek (la trompette), Haitham Haidar (voix), et ensemble Constantinople. Kayyali est également passionné par l'éducation et le transfert de connaissances. Il a développé des séminaires en ligne sur l'oud pour la Labyrinth Online Academy et a participé en tant que membre du corps enseignant à la Retraite musicale arabe. Politologue de formation (doctorat en 2018), Kayyali nourrit son art des connaissances et de la formation qu'il a acquises.

Hamin Honari
Tambours à main persans
Hamin Honari est un percussionniste, compositeur et spécialiste des percussions persanes irano-canadien dont l'œuvre fait le lien entre tradition et innovation. Né à Zahedan, en Iran, et ayant grandi au Canada au sein d'une famille de musiciens, il a développé dès son plus jeune âge un lien profond avec le rythme et la musique persane. Honari a joué avec des artistes et ensembles de renom tels que Kayhan Kalhor et Constantinople. Il est reconnu pour son jeu expressif et dynamique et sa capacité à faire dialoguer les percussions persanes avec un large éventail de traditions musicales du monde entier. Outre son travail d'interprète et de collaborateur, il est le directeur artistique de la New Old World Music Society, un organisme qui rassemble des projets interculturels et des artistes du monde entier, témoignant ainsi de son engagement constant envers les échanges artistiques, l'innovation et le rapprochement culturel.

D'où nous venons, où nous sommes et où nous allons
I
Les Arrivants ont été formés à l’automne 2020, alors que nous nous installions tous à Montréal au milieu de la pandémie de COVID-19. Depuis notre première rencontre, nous avons partagé nos histoires personnelles et familiales, nos pays d'origine et nos objectifs artistiques pour le projet. Nous avons géré nos relations personnelles avec soin et empathie. Nous n’étions pas inconscients des conclusions que le public pourrait tirer lorsqu’il nous verrait – un Irano-Canadien, un Argentin-Israélien et un Palestinien-Jordanien – ensemble sur scène. Nous ne souhaitions ni utiliser le projet pour faire passer un message politique, ni utiliser notre « coexistence » comme un stratagème marketing. Ce qui nous a intéressés (et nous intéresse toujours le plus) c'est la promesse artistique du projet – ce que nous pouvons réaliser musicalement en combinant nos instruments, nos goûts et nos expériences.
Avec le temps, il est devenu évident que nous sommes non seulement des collègues et des amis, mais aussi des alliés politiques. Ce que nous avons réalisé et ce que nous continuons de nous efforcer de réaliser repose sur une prémisse simple : notre engagement en faveur de l’égalité et de la décolonisation au Canada et à l’étranger, et donc notre rejet des formes de privilège et de supériorité raciales, coloniales, ethniques ou autres. Nous reconnaissons que nous vivons sur le territoire autochtone non cédé de la Nation Kanien’kehá:ka, les gardiens reconnus de Tiohtià:ke/Montréal. Nous reconnaissons également que nous avons des liens avec le territoire autochtone non cédé du peuple palestinien, qui a toujours abrité une population diversifiée, composée de nombreuses confessions et ethnies. Nous reconnaissons l’histoire continue de la terre et ses liens avec le passé, le présent et l’avenir. Nous n’avons jamais été intéressés par l’avancement d’un récit de « coexistence » et sommes encore moins intéressés par l’avancement d’un tel récit aujourd’hui. Nous ne croyons pas à la « coexistence » avec la violence coloniale, l’injustice chronique, l’hégémonie et la domination, et nous constatons que faire avancer ce récit obscurcit l’histoire et la réalité de l’iniquité systémique. Nous nous engageons plutôt à promouvoir l’égalité et à lutter contre les inégalités, au Canada et à l’étranger.
Notre projet montre la promesse de l’égalité – ses possibilités artistiques et humaines, ce que les citoyens et les artistes égaux peuvent réaliser s’ils bénéficient des mêmes opportunités, ressources, droits et responsabilités. Nous sommes attachés à cette égalité, tant au Canada que dans les pays avec lesquels nous avons des liens. Notre vision et notre espoir concernant les conflits qui ravagent le Moyen-Orient sont simples : si le Moyen-Orient veut avoir un avenir prospère, il doit se débarrasser des institutions qui sauvegardent les privilèges coloniaux, la supériorité ethnique et religieuse et la domination. Elle doit devenir une région également accessible à tous ses citoyens, indépendamment de leur identité raciale, ethnique, religieuse, de genre ou autre. Cela concerne la plupart des pays du Moyen-Orient, mais plus particulièrement la région Israël-Palestine. Là-bas, nous nous engageons en faveur de solutions politiques qui ne produisent pas davantage de victimes : pour la liberté et l’égalité complètes et inconditionnelles de tous les peuples qui vivent entre la mer Méditerranée et le Jourdain. Nous pensons que seule une telle solution permettrait de remédier aux traumatismes de la conquête et de la colonisation et de briser les cycles d’oppression, de violence et d’injustice dont souffrent les populations de la région depuis bien trop longtemps.
Nous espérons que notre musique contribuera à faire avancer la cause de l’égalité et de la décolonisation, au Canada et à l’étranger. Nous nous allierons avec tous les artistes et institutions qui partagent notre vision de l’avenir.